● Rencontres photographiques ●

Première immersion aux Rencontres de la photographie à Arles. Une seule demi-journée de libre organisée de dernière minute, budget ultra serré, sélection des expositions réduite au minimum.

J’y suis allée avec mon Steed et mettre en accord nos deux envies n’aient pas toujours simple. J’avais beaucoup entendu parlé des expositions Iran, année 38 regroupant 66 photographes iraniens, Looking for Lenin de Niels Ackermann et Sébastien Gobert sur le sujet de la décommunisation d’un pays qui se cherche, L’outil photographique de Jean Dubuffet et sa rétrospective en photo de ses œuvres du monde entier. Cela semblait prometteur, percutant, amenant un débat d’actualité, une discussion sur l’histoire de ces pays.
Finalement, ma journée a été rythmée par les mots-clés authenticité, nature, évasion, découverte. Avant le départ, nous avions aussi réfléchi à un compromis : deux expositions et le lieu doit être une découverte tout autant que l’expo.

Première halte à la Grande Halle située dans le parc des ateliers de La Fondation LUMA. Soutien pour la recherche artistique, l’éducation, les expositions sur la photographie, l’édition et la production documentaire, la Fondation prendra place dans un immense bâtiment dans le centre-ville d’Arles, dont l’architecture (encore en construction) est totalement dingue. Il ouvrira ses portes en 2018 et ce sera alors l’occasion de découvrir l’intérieur de cette structure qui me laisse un peu perplexe je dois dire…

Luma

Nous avions comme objectif de voir l’exposition Jean Dubuffet « L’outil photographique ».
Sous une immense charpente métallique, l’espace était découpé entre expositions, librairie et scène dédiée aux projections. Nous avons flâné dans l’espace librairie qui nous tendait les bras dès l’entrée puis nous nous sommes fixés sur une série de photos de David Weiss et Peter Fischli. Une série de près de 3000 petites épreuves couchées sur la table lumineuse, rétrospective de leurs voyages à travers le monde, comme le visionnage d’une bobine photographique d’un tour du monde où les contrastes des pays s’enchaînent. Le jour puis la nuit, le désert puis la neige, la nature sauvage puis la ville surchargée. Authenticité, nature, évasion… objectif rempli.
Une impression laissée que la nature donne uniquement ce qu’elle a envie de donner, que plus la photo est sans calcul ni fioriture, plus elle provoque une émotion sincère.

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Changement d’atmosphère, nous nous sommes arrêtés ensuite sur l’espace projection où un court-métrage de 7:30 passait en boucle.
Un court-métrage d’Arthur Jafa « Love is the Message. The Message is Death » (2016), une succession d’images d’archives et récentes, des temps forts culturels et politiques de l’histoire de la population noire américaine ancrés dans un dispositif américain violent et raciste. Le tout est rythmé par (je n’en suis pas sûre car je n’ai trouvé aucune source me le confirmant) une musique du rappeur Kanye West.
Les images se succèdent rapidement à la façon d’une mémoire vivante, troublée, se souvenant de son histoire. L’impact visuel est fort et la musique accentue l’enchaînement soutenu des images comme une respiration haletante. Nous l’avons regardé deux fois de suite, hypnotisés.

ArthurJafa_LoveIsTheMessage

Après l’exposition Weiss-Fischli et vu la projection de Jafa, nous avons décidé d’abandonner le lieu (sans voir Dubuffet, la projection nous avait comme saturé l’esprit l’espace d’un instant) pour se rendre à l’Abbaye de Montmajour, une magnifique bâtisse érigée par une communauté bénédictine au XIe siècle. L’abbaye est propriété de l’Etat depuis 1945 et accueille désormais des expositions artistiques.
Pour le coup, le lieu était autant une découverte que les expositions et cela valait vraiment le coup de se perdre au fil des petits passages, des salles voûtées, des petites chapelles.

Montmajour4Montmajour1

Je ne connaissais pas le travail photographique de Kate Barry. Disparue en 2013 à l’âge de 46 ans, nous gardions en tête qu’elle était la fille de la chanteuse Jane Birkin et du compositeur anglais John Barry mais nous ne voulions pas que cela interfère dans notre appréciation.
The habit of being rassemble des épreuves directement découpés sur la planche photographique. Des clichés à la recherche de nature, une photographe témoin une nature végétale fragile, en retrait observant une nature solitaire, source de vie au cœur d’un environnement urbain hostile, à la palette de couleur minimaliste.
Des extraits de son film réalisé lors d’un voyage à Savannah il y a plusieurs années sur les traces de l’auteure américaine Flannery O’Connor (1935-1964) disparue très jeune à l’âge de 39 ans, était diffusé. Caméra à la main, elle filme une grande partie du temps ses pieds pendant qu’elle marche, ses temps de pose où elle s’arrête sur un reflet, s’assoie et échange avec un passant ou un chauffeur de taxi mais sans jamais filmer de visage. Un cheminement jusqu’à son arrivée la maison de l’auteur.

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J’attends derrière moi les « c’est nul », « ennuyeux », »sans intérêt ». En regardant ses photos, j’ai eu l’impression un instant d’être en train de prendre le cliché, d’avoir été témoin moi aussi d’un souffle de vent trop fort dans une série d’arbres, d’être surprise de voir percer le bitume par une plante fragile et menue, d’un contraste de couleur délicat d’une robe derrière une herbe un peu folle.
Sûrement parce que l’on fait tous ce genre de photo, ces instantanés où l’on capte notre émotion sur le vif sur des petites choses simples de la vie. J’ai ressenti « la vie » dans ses clichés et non seulement de la solitude. Je me suis moins intéressée à la technique qu’au ressenti.
Et je me suis posée plusieurs questions me souvenant de mes attentes en début de journée : une photographie doit-elle forcément être composée et étudiée pour que je l’apprécie ? L’actualité mondiale m’influence-t-elle sur l’appréciation des clichés que je vois à cet instant T ? La photographie doit-elle être dans le spectaculaire pour m’impacter fortement ?

Je les laisse en suspens pour poursuivre notre déambulation dans l’abbaye et se rendre compte qu’une deuxième exposition était présentée, celle de l’actrice Audrey TAUTOU, ici photographe, avec Superfacial, une série d’autoportraits et de fictions photographiques. Comme pour Kate Berry, j’ai essayé de visionner cette exposition avec un œil neuf, en faisant abstraction de l’aspect « célébrité » ou tout autre carrière cinématographique.
A l’entrée de la salle, des clichés de journalistes pris lors de ses interviews et promotions de films à travers le monde tapissent un premier mur. L’interviewer habituellement discret devient alors le sujet principal.
Puis suit une série de clichés où elle se met en scène, en intérieur ou en extérieur, principalement en noir et blanc, où elle joue avec son image grâce à des « selfies » dans le miroir. Une vidéo la filme en train d’organiser ses mises en scène, régler la lumière, installer le décor, seule.

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Pour le coup, le processus photographique et de mise en scène m’a plus intéressée que le rendu final de la photo. Mais après un après-midi empreint de nature, de spontanéité, de vérité quelque part, je ne saurais dire si j’ai apprécié de voir cette exposition très étudiée, en fin de parcours. Je ne suis pas rentrée dedans du tout.

J’ai aimé cette journée. Je me rends compte que je moque de savoir si cette photo est réussie ou non. Si la technique est maîtrisée ou non. L’émotion qu’elle dégage et le point de vue du photographe m’intéresse davantage.

Et vous, êtes-vous allé aux Rencontres d’Arles cette année ? Qu’avez-vous aimé ?
A bientôt.


Les Rencontres d’Arles, dates et lieux sur le site : www.rencontres-arles.com/fr
La Fondation Luma : www.luma-arles.org
Projection du Film d’Arthur Jafa Love is the Message. The Message is Death (7:30 minutes) encore visible gratuitement de 10h à 19h30 jusqu’au dimanche 24 septembre, à la Grande Halle du parc des ateliers de la Fondation LUMA.
Plus d’informations et de photos extraites du film sur le site MOCA, Museum Of Contemporary Art of Los Angeles : www.moca.org/arthurjafaessay

 

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● Le Cocktail Summer ●

La recette du Cocktail Summer est là ! Ce long drink est rafraîchissant, acidulé, légèrement alcoolisé mais pas trop fort pour ne pas tomber comme une mouche à la première gorgée. La recette est ultra-simple, à faire au verre, de dernière minute (parfait en cas de visite intempestive de la famille ou d’amis. On sent le vécu : la détresse du « j’ai rien pour l’apéro » et puis le flash, l’idée qui te sauve le coup ;)). J’aime faire simple, sans acheter des multitudes d’ingrédients qui s’accumuleront dans mes placards sans savoir comment les réutiliser autrement. Je préfère laisser ces cocktails sophistiqués aux professionnels et les savourer chez eux.

La verveine fait partie de ces récurrents que j’ai tout au long de l’année dans mon bar. Elle a de nombreuses vertus comme par exemple réduire la nervosité. Autant dire qu’en liqueur, on ajoute une bonne dose de pep’s et de relax Max ! Puis, elle fait aussi partie de mes origines auvergnates. J’ai grandi aux côtés de la légendaire Verveine du Velay. Si vous ne trouvez pas de liqueur de verveine artisanale en local, celle du Velay sera bien sûr parfaite.

Pour la recette, j’ai choisi le citron que j’ai lui aussi en permanence à la maison et qui se marie à merveille avec la verveine. La limonade, déjà aromatisée au citron et au sucre de canne, va renforcé le côté acidulé et calmé le goût un peu « vert » de la verveine. Quant au gingembre (akkkkaaaaa j’adoooore le gingembre), il rehaussera les saveurs et chatouillera les papilles. J’aime croquer dans ces petites frites minuscules à chaque gorgée !

Bon on dose la verveine selon l’état de son baromètre Journée bien pourrie, vite un cocktail où je fais un malheur !!! Mais attention, même si le goût est léger, cela reste un alcool qui peut prendre en traître. Gardez la main légère !

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Allez, on se relaxe
on boit son cocktail
bien calé dans son fauteuil
et on prend le temps de vivre
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SacreSteed_CocktailSummer_RecetteBlog2

● Les Années 30 – Dans la peau de Louis et Sarah ●

Une série, un lieu, un livre, un groupe de musique, un artisan… pour revivre un instant les années 30 !

Pour nous donner de l’inspiration, glissons-nous dans la peau des personnages de la série britannique DANCING ON THE EDGE, créée par Stephen POLIAKOFF en 2013.

Dancing On The Edge 2

« Londres dans les années 30. Le Louis Lester Band, un groupe de jazz uniquement composé de musiciens noirs, réussit à s’imposer dans le milieu de l’aristocratie anglaise. Mais, lorsque le groupe se retrouve impliqué dans une sombre affaire de meurtre, les portes du succès et de la reconnaissance commencent à se fermer une à une… ».

Plongez dans le décor de l’hôtel Impérial dont l’architecture est juste magnifique, observez chaque objet du bureau surchargé du journaliste Stanley Mitchell et appréciez les tenues des personnages qui est un régal pour les yeux. L’élégance de la mode des années 30 donne, je trouve, une posture assurée et un charisme incroyable. Le travail de la costumière Lindsay PUGH est très réussie. Elle reçoit d’ailleurs une nomination pour l’Award Best costume design par la Royal Television Society. Elle est connue également pour son travail dans Charlie and the Chocolate Factory (2005) and Quantum of Solace (2008).
La série présente le point de vue (non américain pour une fois) du racisme noir en Europe et traiter le sujet à travers le cheminement d’une carrière artistique est vraiment pertinent. La musique est intergénérationnelle ; nul ne peut nier le talent du Lester band. Même les aristocrates conservateurs de l’époque.
La musique. Si vous êtes amoureux de jazz, chaque passage musical sera un moment bonheur.
Extraits des morceaux sur le site Internet Allociné et la playlist complète est disponible sur Spotify.

Qui sont Louis et Sarah ?

Dancing On The Edge


Louis est un pianiste brillant dont le talent et le charisme lui ouvrent les portes des plus beaux salons londoniens. Sarah est photographe dont la sensibilité et l’indépendance refusent de rentrer dans la case sage prévue pour une jeune femme de bonne société. Ils forment un duo amoureux secret et élégant, en décalage avec l’époque ségrégationniste de Londres.


TAPIS EN BOIS ET PARQUETERIE de Léandre COURTY.
En observant l’Hôtel Impérial, on note que les sols du salon ou du couloir par exemple sont habillés de tapis pour un effet cosy, pour délimiter et distribuer les espaces. Et je me suis rappelée le travail d’un artisan découvert il y a quelques mois dans une petite boutique éphémère de Montpellier. L’artisan français que je souhaite mettre en avant est Léandre COURTY.

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Il réalise des tapis en bois peints à la main mais aussi des parquets dans lesquels il rythme habilement graphisme et couleurs. Sa technique s’associe parfaitement aux motifs Art déco pour donner une touche élégante à un intérieur. La robustesse du bois et la rigueur de la géométrie du dessin apporte une note masculine que j’aime particulièrement. On peut imaginer une composition posée au sol mais aussi un habillage de mur, une tête de lit, un plateau de table…

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De part son métier de machiniste dans le monde du spectacle depuis plusieurs années, il pose un regard théâtral sur la composition de ses tapis, comme une mise en scène graphique qu’il sème dans les intérieurs des particuliers. La cerise sur le gâteau ? Il est très très sympathique. Coup de cœur pour son travail.
Son site Internet : www.tapisenbois.com


Le BAR DES LOGES, Hôtel du Midi, 22 rue Victor Hugo à Montpellier, serait le lieu choisi par Louis pour inviter Sarah et lui offrir un cocktail.

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Une ambiance feutrée pour ce petit espace redécoré Art déco il y a environ deux ans.
Un sol graphique de caractère dont les carreaux de ciment bordeaux et noir comptent au moins neuf motifs différents (cela donne l’impression que chacun est unique) ; côté bar, un mur tapissé de plaques en métal brossé qui renvoie une lumière subtile accentuée par une accumulation de petites suspensions (le détail élégant de l’artisan : les plaques sont reliées aux quatre extrémités par de petites fleurs métalliques) ; fauteuils et banquettes travaillées qui m’évoquent une main ouverte dans laquelle vous pourrez vous blottir un instant.

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Les cocktails sont tous des signatures maison : mention spéciale pour le Spectre de la rose aux notes de citron vert sur lit de vin blanc et gin et le Printemps de Stravisky, mélange de framboise pétillante et de fleurs de sureau.


HOMER & LANGLEY, E.L. Doctorow aux éditions Actes Sud, serait le livre glissé dans le sac à main de Sarah.

Homer-Langley

Le livre est inspiré d’une histoire vraie. Il relate l’histoire de deux frères COLLYER, Homer et Langley, collectionneurs compulsifs depuis la disparition de leurs parents en 1918, reclus dans leur maison familiale d’Harlem et retrouvés morts ensevelis par leur folie en 1947. Le livre nous dresse un portrait d’un New York au début du XXe siècle. Guerre, immigration, gangsters… autant d’événements et de rencontres qui interrompent la solitude des deux deux frères.
Les amateurs de brocantes comprendront cette frénésie aiguë de chiner l’objet rare. Mais toujours au service d’un projet plus grand, « Le Journal unique pour tous les temps » comme l’appelle Langley.


Le GAZETTE CAFE, 4 rue Levat à Montpellier.

Louis est musicien de jazz ne l’oublions pas. En fin de soirée, il emmènerait certainement Sarah écouter un groupe de swing en live (tous les jeudis soirs) dans un lieu bien connu des montpelliérains.
GazetteCafé
Quelques groupes qui se produisent s’y régulièrement  : les Carolina Reapers (photo ci-dessus), les Gramophone Stomp, les Canibals Dandies… des groupes montpelliérains qui animent la scène swing actuelle.
Danseurs peuvent librement pratiquer le lindy hop et le charleston sur une petite piste de danse libérée devant la scène, à proximité des tables du restaurant. La possibilité de danser et d’écouter de la bonne musique gratuitement.


DANCING ON THE EDGE
Episode 1 – VO (sous-titrage en italien, c’est la seule version que j’ai trouvé).
Musique : extraits des morceaux sur le site Internet Allociné et la playlist complète est disponible sur Spotify.

LEANDRE COURTY, artisan Tapis en bois et parqueterie, sur www.tapisenbois.com
©photos LeandreCourty.

HOMER ET LANGLEY, E.L. DOCTOROW, aux éditions Actes Sud.

BAR DES LOGES, situé à l’Hôtel du Midi de Montpellier.
©photos Bar des Loges – Sacré Steed !

GAZETTE CAFE, 4 rue Levat à Montpellier. Evénements à venir.
©photos Gazette Café.

SWING BAND
Carolina Reapers swing

Les Gramophone Stomp and friends (au Gazette Café ce soir-là)
Canibals dandies
Les Hippocampus Jass Gang (Blue Drag, édition 2012 mais qui donne bien le ton des ambiances swing montpelliéraines)

● Cannes s’affiche ●

En 1946 né le Festival International du film à Cannes. Il a 70 ans cette année.
Une seconde naissance réussie car il faut remonter en 1938, dans un contexte aux portes de la Seconde Guerre Mondiale, pour comprendre la genèse de ce festival.

En 1938 ouvre la nouvelle édition de la Mostra, le Festival International de Venise dédié au cinéma. Malgré l’unanimité du jury pour le film américain, Hitler intervient quelques heures avant pour faire changer le palmarès en faveur du documentaire de propagande nazie « Les Dieux du stade » (dont le titre original allemand est « Olympia ») de Leni Riefenstahl et le film italien « Luciano Serra, pilota » de Goffredo Alessandrini. L’industrie du cinéma, inquiète, réagit.
Les représentants de la France (dont Philippe Erlanger), de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis quittent définitivement la manifestation italienne. Philippe Erlanger, avec l’approbation de Jean Zay, ministre de l’Éducation nationale, et celle d’Albert Sarraut, ministre de l’Intérieur, imagine une manifestation française consacrée au cinéma qui pourrait voir le jour dès septembre 1939, dans l’urgence. Mais, la crise sera cette fois de longue durée, avec l’invasion des troupes allemandes sur le sol français. Le Festival est reporté jusqu’à la fin du conflit.
Je vous invite à lire l’histoire de la naissance du Festival sur le site de la Ville de Cannes (lien en bas d’article).

70 ans. Je vous présente 68 affiches qui retracent une vie de cinéma, une vie dont l’anniversaire dure quinze jours chaque année et qui, au-delà d’une simple traduction picturale de ce que représente le cinéma, traduisent l’humeur du temps.SacreSteed_AffichesFestivalCannes

1946 ©Leblanc / 1947 ©Jean-Luc  / 1948 : pas de visuel
1949 ©GCChavane / 1950 : pas de visuel / 1951 ©A.M. Rodicq
1952 ©Jean Don / 1953 ©Jean-Luc / 1954 ©PIVA
1955 ©Marcel Huet / 1956 ©Marcel Huet / 1957 ©DR
1958 ©Pon’t / 1959 ©Jouineau Bourduge / 1960 ©Jean-Denis Maillart – ADAGP
1961 ©A.M. Rodicq / 1962 ©A.M. Rodicq / 1963 ©Jean-Denis Maillart – ADAGP
1964 ©Jean-Claude Moreau / 1965 ©DR / 1966 ©René Ferracci – ADAGP
1967 ©René Ferracci – ADAGP / 1968 ©Beaugendre / 1969 ©DR
1970 ©René Ferracci – ADAGP  / 1971 ©DR / 1972 : Pas de visuel
1973 ©Jouineau Bourduge / 1974 ©Georges Lacroix / 1975 ©Siudmak – ADAGP
1976 ©Siudmak – ADAGP /  1977 ©Siudmak – ADAGP / 1978 ©Folon – ADAGP
1979 ©Folon – ADAGP / 1980 ©Michel Landi – ADAGP/ 1981 : Pas de visuel
1982 ©Federico Fellini – ADAGP / 1983 ©Bruno Ducourant , d’après l’œuvre d’Akira Kurosawa / 1984 ©Alexandre Trauner – ADAGP
1985 ©Information Et Strategie – Bertrand Bataille et Ian Patrick, en hommage à E. Muybridge / 1986 ©Information et Strategie / 1987 ©Cueco – ADAGP
1988 ©Tibor Timar / 1989 ©Ludovic / 1990 ©Gerard Traquandi – ADAGP
1991 ©Philippe et Pascal Lemoine / 1992 ©Michel Landi et Don English – ADAGP
1993 ©Michel Landi – ADAGP / 1994 ©Federico Fellini et Michel Landi – ADAGP
1995 ©Ryszard Horowitz et MichelLandi – ADAGP/ 1996 ©J.-F. Aloisi – DDB Les Arts
1997 ©DDB Les Arts / 1998 ©DDB Les Arts
1999 ©Jean-Pierre Gendis – DDB Les Arts / 2000 ©Lorenzo Mattoti
2001 ©Subhash Awshat / 2002 ©Akira Kurosawa / 2003 ©Jenny Holzer – ADAGP
2004 ©Agence Alerte Orange / 2005 ©Frederic Menant et Tim Garcia – It suptoyou
2006 ©Gabriel Guegj – Agence Magazine
2007 ©Alex Majoli – Agence Magnum Photos – ChristopheRenard
2008 ©Photo de David Lynch représentant la mannequin du Crazy Horse Anouck Marguerite – Création Pierre Collier
2009 ©Photogramme de l’Avventura de Michelangelo Antonioni en 1960
2010 ©Photo de Juliette Binoche par Brigitte Lacombe
2011 ©Photo de Faye Denaway par Jerry Schatzberg en 1970
2012 ©Photo de Marilyn Monroe par Otto L. Bettmann – Création Corbis-Bettmann
2013 ©Photo de Joanne Woodward et Paul Newman sur le tournage « A new kind of love » de Melville Shavelson (1963) – Bronx
2014 ©Photogramme du film « Huit et demi » de Federico Fellini (1963) – FDC-Lagency-Taste
2015 ©Photo d’Ingrid Bergman – FDC – Lagency – Taste
2016 ©Hervé Chigioni et Gilles Frappier – Lagency – TasteParis – Le Mepris 1963 Studio Canal – Compagnia Cinematografica Champion SPA
2017 © Photo de Claudia Cardinale -Archivio Camera photo Epoche – Getty Images Bronx Paris.


Site officiel du Festival de Cannes : www.festival-cannes.com
Site de la Ville de Cannes 

● Tout se mérite ●

Voutch est un dessinateur français. Né en 1958 de son vrai nom Olivier Vouktchevitch, il grandit dans les Vosges. Puis il évolue dans le domaine de la publicité comme maquettiste puis comme directeur artistique dans une grande agence. La machine publicitaire. Qui le remercie en lui montrant la porte. Il se lance ses dessins humoristiques en 1995, « tente le coup » comme il dit, et publie dans de nombreux magazines comme Psychologies, Télérama, Madame Figaro et d’autres.
Ces dessins font mouche. Son premier album sort en 1997 « Tout s’arrange même mal », un livre d’enfants « Le roi de la grande savane » la même année. Puis les albums s’enchaînent .
J’ai reçu en cadeau l’album « Tout se mérite » (2013), 56 dessins d’humour.

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Dessin de gauche
– Code banque : 140883, code guichet :000524, numéro de compte : 00037948762506, clé RIB : 40969. Et c’est assez urgent. Amen.
Dessin de droite
– Je me suis souvent demandé dans quelle mesure ce concept de « psychothérapie en milieu naturel » n’était pas tout bêtement une astuce que vous aviez imaginée pour gagner de l’argent en pêchant le brochet.

Un humour finement amené, observateur du quotidien cocasse, brillant décorateur dans ces illustrations, amoureux et perfectionniste de la couleur. Son dessin n’est pas fait de contours. Il se construit comme une peinture. Un travail long à la gouache.
J’ai trouvé peu d’interview de lui. Dans celle de KTOTV que je trouve assez complète, j’adore quand il raconte que le format des magazines l’obligeait finalement à remplir la page blanche par de hauts plafonds ou des mètres et mètres de moquette !
Une contrainte technique qui a influé son style. Tout comme le grand nez, si allongé, qui poussait pour mieux se démarquer de ses concurrents et qui est aussi une conséquence de l’outil, le pinceau, qui réalise plus facilement des longs nez.
Un début d’explication se tisse quand à l’origine du mien si je m’imagine figée dans la gouache du grand Créateur… Thanks God :/
J’ai aussi retenue cette idée : dès qu’une lui vient en tête, il pose en premier une ambiance colorée, rapide, sur un petit bout de papier. L’impact de la couleur et du décor si important sur les personnages qui se dessineront ensuite. Question de raccord. Dans la vie aussi on a besoin d’être raccord avec le décor.

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Dessin de gauche
– Je cherche un vin qui se marie bien avec une très, très, très mauvaise nouvelle que je dois annoncer à ma femme.
Dessin de droite
– Pas très important. Pas du tout important. Aucune importance.

Vous l’aurez compris, je suis admirative de son travail voutch’ment brillant. Je sème chez moi ses petites cartes postales qui me font sourire tout au long de la journée.

Bonne journée à tous.

Et n’oubliez pas, tout se mérite. Le rire, c’est cadeau.


. Interview KTOTV de 2012 où il raconte son parcours et son processus de création.

. Voutch, son site Internet ici.

. Voutch, le blog  T’es sûr qu’on est mardi ? sur le site du journal Le Monde.
. Liste non exhaustive de ses albums :
Le pire n’est même pas certain – 1999
L’amour triomphe toujours – 2000
Personne n’est tout blanc – 2002
Chaque jour est une fête – 2004
Le futur ne recule jamais – 2006
This is as bad as it gets – 2007 aux USA
Les mystérieuses alchimies de l’amour – 2010
Les joies du monde moderne – 2011
Ouragan sur le couple – 2012
Tout se mérite – 2013

● Emma, you’re needed ! ●

Le collectif « Je veille au Swing – Montpellier » est né de la volonté d’un groupe de danseurs(euses) de la scène Swing montpelliéraine, sans distinction d’associations ou d’écoles de danse, souhaitant réagir, échanger et agir face aux témoignages d’agressions sexuelles survenues dans la communauté.
Leur objectif ? Favoriser la tolérance et lutter contre les discriminations de tous types.

Lorsque l’on m’a parlée de la création de ce collectif, j’ai participé à une de leurs réunions et j’ai souhaité apporté ma participation. Si je l’ai fait en mon nom personnel c’est parce que je fais partie de cette communauté swing en tant que danseuse amatrice. Je me suis sentie concernée. Et que l’on soit danseur(euse), musicien(ne), amateur(trice) ou professionnel(le), les agressions verbales et physiques ne sont pas tolérables. Le collectif travaille aux côtés des associations et des écoles de danses sur une charte de valeurs commune. Elles pourront l’enrichir à leur tour afin de communiquer auprès de leurs adhérents sur l’importance d’une attitude bienveillante dans la communauté.

En lien avec les idées échangées lors des diverses rencontres, j’ai conçu pour le collectif une identité visuelle, logotype que j’ai ensuite décliné dans le visuel d’un badge que les ambassadeurs porteront lors des évènements afin d’être, au besoin, l’écoute et le soutien de chacun. Un bandeau de couverture pour leur page facebook a aussi été réalisé pour harmoniser leurs premiers supports de communication.

Je veille au swing, comme une petite lumière bienveillante allumée en permanence.

JeVeilleAuSwing_Badge_Decor

Et vous, faites-vous de la danse ? Avez-vous déjà rencontré des situations de non-respect dans les cours ou soirées dansantes ?


Le collectif « Je veille au swing » anime une page facebook ici
via laquelle le dialogue est ouvert .

● Dans les petits papiers de Steed ●

Paños Chicanos
Exposition présentée à La Jetée, 80 bvd Faubourg Figuerolles à Montpellier, jusqu’au samedi 1er avril 2017.

L’art du paño est un art singulier issu d’une tradition carcérale apparue dans la communauté chicana au sud-ouest des Etats-Unis (Texas, Californie et Nouveau Mexique) avant de se répandre dans tout le pays. Les prisonniers pintos utilisent les mouchoirs en tissu (paño est le diminutif de pañuelo qui signifie mouchoir en espagnol) distribués par l’administration pénitentiaire comme support pour envoyer des messages et dessins à leurs à la manière d’une carte postale.

Reno LEPLAT-TORTI, artiste, sérigraphe, graphiste et éditeur, les collectionne depuis des années et va à la rencontre de ces pintors prisonniers dans les geôles américaines. Il a en plus de 400 dans sa collection.
Difficile de dater avec précision l’origine de cette pratique. Les plus anciennes reproductions remontent aux années 40, durant le mouvement contestataire Pachuco. L’exposition en présente un de 1934. De plus, l’administration pénitentiaire a essayé de stopper cette pratique en ne distribuant plus de mouchoirs car elle soupçonnait qu’elle fasse passer des messages codés vers l’extérieur.

A l’époque, les prisonniers dessinent avec de l’encre récupérée, de la cire, du café. Les dessins plus récents sont fait au stylo bille, aux crayons de couleurs, aux feutres. Les représentations catholiques, l’amour, la solitude, le désespoir, la violence de la vida loca de la vie carcérale sont des témoignages de ce qu’ils vivent durant leur longue détention tandis que les scénettes enfantines de Mickey ou Winnie l’ourson (le plus souvent reproduites à partir des livres) remplissent les mouchoirs de messages gais et touchants destinés à leurs enfants.
Ces mouchoirs sont des témoignages de la vie carcérale. Des cartes d’identité émotionnelles où chacun peut retrouver la liberté de s’exprimer à l’extérieur des murs de la prison.
Plus d’infos : www.facebook.com/panoschicanos

SacreSteed_expo_PanosChicanos